Une classe d’étanchéité dit à quel point un conduit en tôle a le droit de fuir, et surtout quels joints doivent être scellés pour y arriver. Dans les devis québécois, on rencontre le plus souvent la classe C (scellement des raccords transversaux seulement) et la classe A (scellement de tous les joints et des points de pénétration). Le bon choix dépend de l’endroit où passe le conduit, de la pression et de la façon dont la pièce est fabriquée.
Nous sommes un atelier de fabrication métallique à Lachine. Nous découpons, plions, roulons et soudons la tôle, et c’est de ce point de vue, celui de l’atelier, que nous abordons la question. Un joint est étanche ou non bien avant le chantier : il se décide à la découpe, au pliage et à la soudure.
En bref
- La classe C est la base recommandée pour les conduits d’alimentation en local climatisé : seuls les raccords transversaux sont scellés (Ressources naturelles Canada).
- La classe A ajoute le scellement des joints longitudinaux et de tous les points de pénétration. Elle est recommandée dès que le conduit traverse un espace non climatisé ou non isolé.
- Le concepteur doit inscrire la classe au devis dès la conception, pas la laisser à l’appréciation du chantier.
- Les soudures continues et un pliage précis réduisent le nombre de joints à sceller, donc les risques de fuite.
- Les conduits d’évacuation de combustion suivent une autre logique : les consignes du fabricant de l’appareil et les normes d’ingénierie.
Table des matières
- Ce que mesure une classe d’étanchéité
- Classe C : la base pour les locaux climatisés
- Classe A : joints longitudinaux et traversées scellés
- Comparer A et C en un coup d’œil
- Comment choisir la classe pour votre projet
- Où l’étanchéité se joue en atelier
- Conduits d’évacuation de combustion : une autre logique
- Et l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment?
- Notre point de vue d’atelier
- Faire fabriquer vos pièces chez Manara Corp
- FAQ
- Sources
Ce que mesure une classe d’étanchéité
Une classe d’étanchéité ne décrit pas la qualité de la tôle. Elle décrit la quantité d’air qui s’échappe par les joints, les coutures et les traversées d’un conduit sous pression, et donc la méthode de scellement exigée pour garder cette fuite sous un seuil.
Deux idées sont à retenir.
- La classe est une exigence de scellement. Chez nous, comme dans les guides canadiens, on la lit surtout comme une liste de joints à sceller.
- La classe se vérifie. Un devis qui indique « classe A » sans prévoir de contrôle de réception laisse une zone grise entre le plan et le résultat.
Le sens des lettres mérite une vérification chaque fois. Selon la norme citée au devis, l’échelle peut ne pas aller dans le même sens. Au Québec, les documents de Ressources naturelles Canada présentent la classe C comme le standard de base et la classe A comme l’exigence la plus rigoureuse. Lisez la définition de la norme nommée dans vos documents plutôt que de vous fier à la lettre seule.
Classe C : la base pour les locaux climatisés
Selon le guide de Ressources naturelles Canada, la classe C selon SMACNA est le standard de base recommandé pour les conduits d’alimentation situés dans des locaux climatisés. Elle exige uniquement le scellement des raccords transversaux, c’est-à-dire les joints entre deux sections de conduit.
Le raisonnement est simple. Si le conduit passe dans un espace déjà chauffé ou climatisé, l’air qui s’en échappe reste dans le volume utile du bâtiment. La perte existe, mais elle est moins coûteuse que dans un entretoit froid.
Quand la classe C convient :
- conduit entièrement à l’intérieur de l’enveloppe chauffée;
- pression de service modérée;
- tronçons accessibles pour une reprise ultérieure.
Ses limites : les joints longitudinaux (la couture le long du conduit) et les traversées ne sont pas visés. Si votre fabricant livre des conduits à couture soudée en continu, cette limite pèse moins. Si les coutures sont agrafées ou emboîtées, elles restent des points de fuite potentiels.
Classe A : joints longitudinaux et traversées scellés
Pour les conduits en locaux non climatisés, ou pour des exigences de performance supérieures, la classe A est requise selon la même source. Elle impose le scellement complet des raccords transversaux, des joints longitudinaux et des points de pénétration.
Le guide la recommande systématiquement pour les sections qui passent dans des espaces non climatisés ou non isolés, afin de limiter les pertes d’énergie et la condensation. Au Québec, on pense tout de suite aux entretoits, aux vides sanitaires, aux toits-terrasses et aux locaux techniques non chauffés en hiver.
Les points de pénétration, souvent oubliés
Une traversée de conduit, c’est un trou découpé dans la tôle pour un piquage, une prise de mesure, un support ou un accessoire. Chacun est un joint de plus. En classe A, tous doivent être scellés. C’est aussi là que la qualité de découpe compte : une ouverture nette, à la bonne dimension, laisse un joint à sceller plus mince et plus fiable. Notre découpe laser CNC sert précisément à cela : des ouvertures et des brides dimensionnées au dixième près, sans reprise à la meuleuse.
Comparer A et C en un coup d’œil
| Critère | Classe C | Classe A |
|---|---|---|
| Raccords transversaux | Scellés | Scellés |
| Joints longitudinaux | Non visés | Scellés |
| Points de pénétration | Non visés | Scellés |
| Emplacement typique | Local climatisé | Local non climatisé ou non isolé |
| Risque principal si sous-spécifiée | Fuites aux coutures | Peu, mais coût de main-d’œuvre plus élevé |
Le tableau reprend les définitions du guide de Ressources naturelles Canada. La classe B se situe entre les deux dans le système SMACNA : consultez la norme citée par votre devis pour en connaître les joints exacts avant de la spécifier.
Comment choisir la classe pour votre projet
Cinq questions suffisent pour trancher dans la plupart des cas.
- Où passe le conduit? Local chauffé : C est un point de départ défendable. Espace non chauffé : A.
- Le conduit est-il isolé? Un conduit non isolé en espace froid cumule fuites et condensation. Le guide fédéral pointe cette combinaison.
- Quelle est la pression de service? Plus elle monte, plus un joint mal scellé coûte cher.
- Quelle est la marge de conception? Selon les guides de Ressources naturelles Canada, la tendance à dimensionner les systèmes au plus juste des charges réelles rend l’étanchéité essentielle : il n’y a plus de surcapacité pour absorber les fuites.
- Le conduit sera-t-il accessible plus tard? Un tronçon noyé dans un mur ou un plafond fini doit être scellé en classe supérieure d’emblée.
Le même guide rappelle que le concepteur en mécanique doit spécifier la classe dès la conception. Pour un entrepreneur général, cela veut dire une ligne claire dans l’appel d’offres : classe, norme de référence, méthode de vérification.
Où l’étanchéité se joue en atelier
La classe se lit au devis, mais elle se gagne à l’établi. Voici ce que l’atelier change concrètement.
Moins de joints, moins de fuites
Chaque joint est un risque. Un pliage à la presse plieuse remplace plusieurs pièces assemblées par une seule pièce formée. Notre service de pliage et roulage de tôles permet de réduire le nombre de coutures sur une section donnée. Pour les sections rondes ou à courbure, le roulage grand rayon évite de multiplier les segments.
Soudure continue sur les coutures
Une couture soudée en continu supprime un joint longitudinal à sceller. C’est un levier direct vers les exigences de la classe A. Notre page soudage de métaux sur mesure décrit les procédés que nous pratiquons sur l’acier, l’inox, l’aluminium et le cuivre.
Trois détails de métier changent le résultat :
- La préparation des bords. Un jeu irrégulier produit une soudure poreuse ou une surépaisseur à reprendre. Voyez notre guide sur la préparation des bords pour soudure.
- La déformation. La chaleur fait gauchir une tôle mince, et une bride gauchie ne ferme plus. Notre article sur la déformation après soudage explique comment contrôler le retrait.
- L’acier galvanisé. Le zinc exige des précautions de santé et de procédé : soudage de l’acier galvanisé en sécurité.
Pour l’aluminium, la porosité est l’ennemie de l’étanchéité : voyez les causes de porosité dans les soudures d’aluminium.
Scellants aux joints bridés
Pour les joints à brides qui ne sont pas soudés, un scellant adapté reste nécessaire. À titre d’exemple, un standard de construction universitaire québécois prévoit, pour les joints à bride, une bande d’étanchéité en butyle de 13 mm sur 4 mm entre les sections. C’est un exemple de devis d’un propriétaire institutionnel, pas une règle universelle : le produit se valide selon la pression, la température et le fabricant.

Conduits d’évacuation de combustion : une autre logique
La recherche « classe d’étanchéité » mène aussi vers les cheminées et les conduits de fumée. Ici, il n’existe pas de classe unique. Les conduits d’évacuation doivent être installés, scellés et isolés selon les recommandations du fabricant de l’appareil et les normes d’ingénierie applicables, comme les guides de la NFPA. Un test de tirage ou d’étanchéité peut être exigé à la mise en service ou lors d’une inspection municipale.
Si vous avez un doute sur un appareil à combustion, adressez-vous au fabricant de l’appareil et à votre municipalité. Un conduit d’évacuation n’est pas un endroit où improviser avec un scellant de quincaillerie.
Et l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment?
Certains lecteurs confondent l’étanchéité d’un conduit et celle de tout le bâtiment. Ce sont deux mesures distinctes.
Pour une habitation, le principe repose sur une barrière continue (pare-air) qui limite les courants d’air incontrôlés, les pertes de chaleur et les infiltrations d’humidité. Au Québec, le test d’infiltrométrie mesure ces fuites en changements d’air à l’heure à une pression de 50 pascals. Il dure environ 30 minutes, dans une évaluation énergétique de 2 à 3 heures.
Un conseil pratique : suivez le conseiller pendant le test, poire à fumée à la main. C’est la façon la plus directe de voir les fuites que l’œil ne détecte pas. Pour y remédier, le gouvernement recommande le calfeutrage d’endroits stratégiques et la pose de coupe-bise autour des portes et des fenêtres.
Pour les bâtiments plus grands, le guide de l’utilisateur du Code national de l’énergie pour les bâtiments 2020 donne des orientations sur les essais d’étanchéité à l’air de l’ensemble du bâtiment.

Notre point de vue d’atelier
Nous voyons le même scénario revenir : la classe est écrite au devis, puis on découvre au montage que les pièces n’ont pas été pensées pour la respecter. Voici ce que nous en retenons, en atelier.
La classe se prépare avant la commande. Si le plan exige la classe A, il faut le dire à l’atelier au moment de la soumission. Le nombre de coutures, le type de bride et le mode d’assemblage en découlent. Corriger après fabrication coûte plus cher que de bien commander.
Une pièce précise se scelle mieux. Une découpe nette et un pliage répétable laissent des joints réguliers. Le scellant fait son travail quand l’espace à combler est mince et constant. Il ne peut pas rattraper un jeu de plusieurs millimètres.

Une soudure continue vaut mieux qu’un scellant sur un joint évitable. Quand la géométrie le permet, nous préférons supprimer le joint plutôt que de compter sur un produit qui vieillit.
Chaque projet est différent. Nos pièces sont fabriquées dans notre atelier de Lachine et installées dans le Grand Montréal. Nous accompagnons le client de la conception à l’installation, que le projet soit petit ou grand. Parlez-nous de votre plan avant la fabrication, pas après.
— Ash
Faire fabriquer vos pièces chez Manara Corp
Si votre projet comporte des pièces de tôle découpées, pliées, roulées ou soudées sur mesure, nous les fabriquons en atelier et nous les installons dans le Grand Montréal, y compris à Laval, sur la Rive-Sud et dans l’Ouest-de-l’Île. Nous servons les entrepreneurs, les architectes, les industriels et les propriétaires, en français comme en anglais. Voyez nos services de soudage, de pliage et formage et de découpe laser, ou passez par la page d’accueil pour nous joindre.
FAQ
Quelle est la signification de la classe d’étanchéité C?
Selon SMACNA, telle que résumée par Ressources naturelles Canada, la classe C est le standard de base pour les conduits d’alimentation en local climatisé. Elle exige uniquement le scellement des raccords transversaux. Les joints longitudinaux et les traversées ne sont pas visés.
Quand faut-il passer à la classe A?
Lorsque le conduit passe dans un espace non climatisé ou non isolé, ou lorsque l’exigence de performance est plus élevée. La classe A impose le scellement des raccords transversaux, des joints longitudinaux et des points de pénétration. Elle limite aussi les pertes d’énergie et la condensation dans ces espaces.
Qui choisit la classe d’étanchéité?
Le concepteur en mécanique doit la spécifier dès la conception, selon les guides de Ressources naturelles Canada. L’entrepreneur et l’atelier de fabrication l’appliquent ensuite. Si le devis est muet, demandez la précision avant de commander les pièces.
Existe-t-il une classe unique pour les cheminées?
Non. Les conduits d’évacuation de combustion se posent, se scellent et s’isolent selon les recommandations du fabricant de l’appareil et les normes d’ingénierie. Un test de tirage ou d’étanchéité peut être exigé à la mise en service ou à l’inspection. Pour un cas précis, consultez le fabricant de l’appareil et votre municipalité.
Le test d’infiltrométrie sert-il à mesurer les conduits?
Non, il mesure l’étanchéité à l’air de l’habitation entière, en changements d’air à l’heure à 50 pascals. Il dure environ 30 minutes. C’est un outil de diagnostic pour repérer les fuites et prioriser le calfeutrage.
Sources
- Guide de Ressources naturelles Canada, version française
- Guide de Ressources naturelles Canada, version anglaise
- Gouvernement du Québec : test d’infiltrométrie
- Gouvernement du Québec : étanchéité à l’air
- Standard de construction de l’Université de Sherbrooke, section 23 33 00
- Guide de l’utilisateur du Code national de l’énergie pour les bâtiments 2020







